Bornes de recharge en parking public : ce que la loi LOM impose vraiment

Depuis le 1er janvier 2025, les parkings publics de plus de 20 places ont l’obligation d’être équipés de bornes de recharge pour véhicules électriques. Une échéance passée, mais dont les implications restent mal connues, aussi bien des automobilistes que des gestionnaires concernés. Tour d’horizon des règles en vigueur et de ce qu’elles changent concrètement.

Ce que la loi impose, parking par parking

La loi LOM (loi n°2019-1428 du 24 décembre 2019), complétée par la loi Climat et Résilience d’août 2021, a posé un cadre précis. Pour les parkings ouverts au public, la règle est simple : une borne minimum pour 20 places, puis une borne supplémentaire par tranche de 20 places. Un parking de 100 places doit donc proposer au moins 5 points de recharge. Au-delà de 200 emplacements, deux bornes accessibles aux personnes à mobilité réduite (PMR) sont exigées, dont une exclusivement réservée à cet usage.

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L’obligation concerne les parkings gérés en régie, en délégation de service public ou via un marché public : parkings de centre-ville, d’hôpitaux, de gares. Les parkings privés strictement réservés aux salariés ou aux résidents relèvent, eux, d’autres règles de pré-équipement. Pour les cinémas, la proportion monte à 10 % des places équipées. Le détail complet des seuils et des cas particuliers est disponible via cette ressource sur la loi Lom pour les bornes de recharge sur parking public.

Pour les parkings neufs dont le permis de construire est postérieur au 11 mars 2021, l’obligation porte sur le pré-équipement (gaines, conduits, raccordements). Les parkings rénovés sont concernés dès lors que les travaux représentent au moins 25 % de la valeur du bâtiment hors terrain. Côté sanctions, les exploitants non conformes s’exposent à des amendes administratives pouvant atteindre 45 000 € par an et par parking.

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Un réseau en pleine expansion, mais sous tension

La France frôlait les 195 000 points de recharge ouverts au public au 30 avril 2026, selon le baromètre de l’Avere. La progression reste soutenue (plus de 30 800 nouveaux points installés en 2025, soit +20 % sur un an), mais le rythme ralentit : seulement 9 495 nouveaux points sur les quatre premiers mois de 2026, contre plus de 13 000 sur la même période un an plus tôt. Les parkings représentent 32 % des installations, derrière les commerces (46 %).

La consommation, elle, grimpe vite. En avril 2026, la moyenne atteignait 752 kWh par point de recharge, soit +68 % en un an. Signe que les usages s’installent. Mais la fiabilité reste un point à surveiller : en avril 2026, 9 % des points avaient été indisponibles plus de 7 jours consécutifs, et seulement 66 % des bornes affichaient une disponibilité de 99 %. Pour les automobilistes qui planifient leurs trajets, annuairevoitures.fr permet de repérer les ressources et acteurs du secteur automobile en France.

Des aides pour financer la mise en conformité

Le programme Advenir, piloté par l’Avere-France, prend en charge jusqu’à 50 % des dépenses d’installation pour les infrastructures ouvertes au public. Les plafonds pour les projets portés par un tiers-investisseur s’établissent à 600 € pour un point individuel et 1 660 € pour un point partagé. En pratique, demander une prime Advenir et mobiliser des certificats d’économies d’énergie (CEE), c’est la même démarche : il n’existe pas de dispositif CEE distinct en 2026.

Une dérogation reste possible si les travaux nécessaires (renforcement du réseau électrique, mise en conformité incendie) s’avèrent disproportionnés par rapport au coût des équipements. Mais il s’agit d’une exception encadrée, non d’un contournement. Pour les gestionnaires, anticiper le dimensionnement de la PIRVE (puissance infrastructure de recharge) est souvent le point technique le plus sous-estimé dans un projet de mise en conformité.